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Rubrique : internautes / le droit pour tous
Mots clés : commerce, consommateurs, protection, électronique, achat, distance
Citation : Lionel THOUMYRE, "Protection du cyberconsommateur", Juriscom.net, janvier 1999
Première publication : Netsurf, n°33, décembre 1998


Protection du cyberconsommateur

L’Internet améliore considérablement la pratique de la vente à distance. Mais, dans le contexte international du réseau, le consommateur ne parvient plus à identifier les droits qui lui sont conférés. Des solutions simples pourraient y remédier.

Lionel Thoumyre


Faire ses emplettes sur le web est devenu un jeu d’enfant. Un clic de souris, et votre commande est passée à l’autre bout du monde ! Tout va pour le mieux… jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que le produit commandé ne convient pas ou que la facturation est plus lourde que prévue.

Certes, la plupart des pays industrialisés ont adopté des lois destinées à protéger les consommateurs. L’amateur de l’achat à distance dispose souvent d’un certain délai pour échanger son produit ou le retourner contre remboursement. Encore faut-il qu’il ait été informé de ses droits et qu’il puisse déterminer la loi de quel pays lui viendra en secours. Bénéficiera-t-il du délai de sept jours francs prévu par le Code de consommation français ? Ou pourra-t-il invoquer le délai prévu par loi du pays du commerçant, parfois porté jusqu’à 30 jours ? Dans le pire des cas, la question pourrait se régler devant le juge, dès lors que l’on aura déterminé le tribunal compétent. Tout ceci devient bien complexe. Confronté à l’incertitude et à l’éloignement du commerçant, le consommateur renoncera à toute idée de procès. Une injustice aura peut-être été commise, sans que personne ne s’en soucie. Cette situation est inacceptable.

A l’heure des autoroutes de l’information, le consommateur mérite plus que jamais d’être renseigné sur l’existence et la mise en œuvre de ses droits. Or, les clauses censées éclairer l’acheteur sont souvent dissimulées sous une couche de liens hypertextes. Le Professeur Jérôme Huet, de l’Université de Paris II, propose qu’un usage s’établisse : "les principales clauses contractuelles ayant trait à la juridiction compétente, à la loi applicable, à l’existence d’un droit de rétractation, ainsi qu’aux conditions de livraison et de garanties, devraient être présentées de manière visible aux consommateurs". A juste titre, il ajoute que "cela ne coûterait pas très cher aux professionnels qui amélioreraient du même coup leur image de marque".

Quand bien même tout le monde y trouverait son compte, il reste à déterminer la manière dont pourrait s’imposer cet usage. La constitution d’une entité internationale figure parmi les solutions avancées. Sa mission : inciter les professionnels à adopter un comportement respectueux du cyberconsommateur. Les sites affiliés à cet organisme pourront arborer un label de qualité témoignant de leur fiabilité. Pour parfaire le tout, le professionnel devra également prévoir un système de résolution des conflits facilement abordable. Le CyberTribunal semble être tout destiné à cette tache. Il s’agit d’une nouvelle institution assurant gratuitement des services de médiation et d’arbitrage par la voie du réseau.

Sans attendre l’élaboration de normes obligatoires, il devient urgent que les professionnels accordent leur stratégie marketing avec les intérêts des cyberconsommateurs. Il ne serait pas si difficile de gagner leur confiance en abolissant les incertitudes juridiques.

L. T.

Liens :

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