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Rubrique : internautes / le droit pour tous
Mots clés : propriété, intellectuelle, protection, auteurs
Citation : Lionel THOUMYRE, "La technologie au service des droits d'auteurs", Juriscom.net, avril 1999
Première publication : Netsurf, n°36, mars 1999


La technologie au service des droits d’auteur

A elle seule, la protection légale des créations numériques s’avère insuffisante. Le respect des droits d’auteurs sur Internet appelle le soutien d’une technologie appropriée.

Lionel Thoumyre


Nous vivons une époque formidable ! A l’ère du tout numérique, les créations " immatérielles " peuvent être reproduites de milliers de fois sans perdre une once de qualité. Les internautes le savent bien. Ils n’hésitent que très rarement à s’approprier et à redistribuer une image, un fichier sonore, un programme, ou encore le contenu d’un site web. De telles actions heurtent cependant les principes définis par les droits d’auteur.

En France, l’article L. 122-4 du Code de propriété intellectuelle stipule précisément que " toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite ". Cette disposition a déjà été appliquée par les tribunaux pour la reproduction du contenu d’un CD-Rom et d’un site web. Un coup de chance pour les ayants droits ! Car il est bien difficile de prouver la paternité d’une œuvre clonée à la perfection. En outre, les auteurs n’ont pas toujours l’occasion de repérer les copies litigieuses dispersées sur le réseau. Pas d’affolement… la technique vole à leur secours.

La société " Digimarc " propose ainsi de parfaire la protection juridique des images numériques. Son logiciel leur greffera un tatouage sur lequel figure les noms des titulaires des droits, le contenu général de l’œuvre, ses utilisations possibles et sa destination. A priori invisible, le marquage peut être visualisé au travers d’un second logiciel distribué gratuitement. Lorsque le tatouage contient des fichiers exécutables, le document marqué interagit avec l’environnement informatique dans lequel il se trouve. Dans ce cas, l’image peut être suivie ou contrôlée à distance. Mais la greffe est bien fragile. Une petite conversion du format jpg en gif, et le marquage disparaît…

De son côté, le système IDDN (Identification des œuvres numériques) propose aux propriétaires de pages web d’attribuer à chacune de leurs créations un numéro d’identification international géré par l’organisme Interdeposit. Un certificat d’enregistrement sera ensuite créé. Ce dernier pourra être consulté par les internautes en cliquant sur le logo IDDN apposé sur les pages du site. Le certificat annonce notamment les conditions d’exploitation imposées par le titulaire des droits. Tout en incitant les usagers au respect de la loi, l’IDDN permet à l’auteur de revendiquer un droit sur une création originale.

Pour rassurer les utilisateurs, précisons que ces procédés n’ont pas vocation à renforcer le cadre légal. Selon l’article L 122-5 CPI, l’auteur ne pourra jamais interdire de lui-même les reproductions réservées à l'usage privé de l’internaute et non destinées à une utilisation collective. Les techniques répertoriées facilitent simplement la preuve de la violation des droits d’auteur.

Alors, la technologie deviendrait-elle à nouveau l’ami du droit ? Rien n’est moins sûr. La recherche automatisée des contrefacteurs à la " Digimarc " laisse plutôt un mauvais goût. Un espion électronique dissimulé derrière les images de la toile… n’est-ce pas une menace au droit à la vie privée ?

L.T.

Liens :

Digimarc

Iddn

Dossier sur la protection des œuvres numériques

 

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